Sikkim et Darjeeling

Récits de voyage > journal de voyage
Inde - Darjeeling
de Florent, le 13-10-2006

Sikkim et Darjeeling

Nous voici de retour du Sikkim, après une bonne semaine loin de Sale-cutta. Un petit break loin du centre de Mere Teresa, pour retrouver l’air pur de la montagne.
Nous voici de retour du Sikkim, après une bonne semaine loin de Sale-cutta. Un petit break loin du centre de Mere Teresa, pour retrouver l’air pur de la montagne.
Pour les ferus de geographie, le Sikkim est la petite languette de terre au Nord Est de l’Inde, coincee entre le Bouthan, le Tibet (Chine) et le Nepal.

 

Une breve histoire du Skkim
First touch - Du Xveme au XVII le Sikkim fut un royaume puissant dont la population est d’origine “tibeto-birmane” (une formule polie pour dire que les ethnologues de savent absolument pas s’ils venaient du Nord ou du Sud ...). Ce qui explique pour partie que les Lepchas (comme ca se pronnonce) ont de bonnes vieilles tetes de tibetains comme on aime ...
Then comes the Nepali - Au XVIIIeme les Lepchas se font mettre 2/3 corrections par les Gurkhas (le fameux peuple guerrier du Nepal). Depuis les sikkimais d’origine nepalaise sont devenus de plus en plus nombreux.
Then comes the English – En 1835, la perfide Albion deboule et annexe Darjeeling (Sud du Sikkim), et comme l’apettit vient en mangeant, ca se termine par une invasion du Sikkim et meme une operation militaire contre le Tibet. La situation se calme au debut du siecle par un traite entre le Tibet, le Sikkim et le Royaume Uni.
Then comes the Indians – Au moment de l’independence les anglais laissent le Sikkim en dehors de l’union indienne. La monarchie se maintient bonnant malant jusqu’en 1963 ou le Roi est contraint d’abdiquer. L’Inde prends le Sikkim sous le bras pour eviter qu’il ne soit envahit par la Chine. Encore aujourd’hui les chinois ont un oeil sur le Sikkim qui pourrait tres bien etre considere comme un etat vassal du Tibet et donc, une partie integrante de la patrie des droits de l’homme. L’histoire se termine par un referundum des sikkimais qui votent a 93% (j’adore ce genre de resultats democratiques...) pour le rattachement a l’Inde.
Voila, c’est un peu plus long que prevu mais ce petit apercu permet de mieux comprendre ce que nous avons trouve au Sikkim. Nous sommes partis avec l’idee de trouver, un peu comme au Tibet, des gens vivants dans les memes conditions qu’il y a 4 siecles ... une petite ethnie tibetaine, perdue entre deux super-puissances.
En fait, la realite est un peu differente. Les Lepchas sont avant tout un souvenir, perdus au milieu d’une population d’origine nepalaise a 70%. Adding insult to injury les indiens ont fait du Sikkim un poste avance de resistance a une potentielle invasion chinoise. Le moindre village acceuille au moins un regiment de Sikhs avec ses charmants baraquements en toles ondulees et ses ouvrages betonnes qui sont autant d’hymne a Le Corbusier.
Ce n’est pas faute d’avoir fait des efforts. Des 4 regions du Sikkim nous avons choisi “la plus sauvage”: le Nord.
Cela etant dit, il faut dire qu’au bout de 10 heures de route vers le Nord (140 Km!!!), et a quelques kilometres de la frontiere chinoise, le paysage est epoustouflant. On passe de forets de rhododendrons a l’Himalaya grandeur nature.

Du Xveme au XVII le Sikkim fut un royaume puissant dont la population est d’origine “tibeto-birmane” (une formule polie pour dire que les ethnologues de savent absolument pas s’ils venaient du Nord ou du Sud ...). Ce qui explique pour partie que les Lepchas (comme ca se pronnonce) ont de bonnes vieilles tetes de tibetains comme on aime ... Au XVIIIeme les Lepchas se font mettre 2/3 corrections par les Gurkhas (le fameux peuple guerrier du Nepal). Depuis les sikkimais d’origine nepalaise sont devenus de plus en plus nombreux. Au moment de l’independence les anglais laissent le Sikkim en dehors de l’union indienne. La monarchie se maintient bonnant malant jusqu’en 1963 ou le Roi est contraint d’abdiquer. L’Inde prends le Sikkim sous le bras pour eviter qu’il ne soit envahit par la Chine. Encore aujourd’hui les chinois ont un oeil sur le Sikkim qui pourrait tres bien etre considere comme un etat vassal du Tibet et donc, une partie integrante de la patrie des droits de l’homme. L’histoire se termine par un referundum des sikkimais qui votent a 93% (j’adore ce genre de resultats democratiques...) pour le rattachement a l’Inde.Voila, c’est un peu plus long que prevu mais ce petit apercu permet de mieux comprendre ce que nous avons trouve au Sikkim. Nous sommes partis avec l’idee de trouver, un peu comme au Tibet, des gens vivants dans les memes conditions qu’il y a 4 siecles ... une petite ethnie tibetaine, perdue entre deux super-puissances.En fait, la realite est un peu differente. Les Lepchas sont avant tout un souvenir, perdus au milieu d’une population d’origine nepalaise a 70%. les indiens ont fait du Sikkim un poste avance de resistance a une potentielle invasion chinoise. Le moindre village acceuille au moins un regiment de Sikhs avec ses charmants baraquements en toles ondulees et ses ouvrages betonnes qui sont autant d’hymne a Le Corbusier.Ce n’est pas faute d’avoir fait des efforts. Des 4 regions du Sikkim nous avons choisi “la plus sauvage”: le Nord.Cela etant dit, il faut dire qu’au bout de 10 heures de route vers le Nord (140 Km!!!), et a quelques kilometres de la frontiere chinoise, le paysage est . On passe de forets de rhododendrons a l’Himalaya grandeur nature.


Les 7 formidables dans le Nord du Sikkim
Comme au Tibet, le principe c’est de trouver des petits camarades prets a se tasser dans une jeep pour partager les frais. En Inde plus qu’au Tibet la notion de promiscuite est poussee un peu plus loin: 7 toutous, un guide, un chauffeur ... Heureux les gens aux hanches etroites, ils pourront voyager en Inde; nous, on a encore des bleus sur les cotes (z’avez deja essaye de tenir a 4 pendant 10h sur l’equivalent d’une banquete de Seat Ibiza???).
Nos petits camarades d’infortune ont ete trouves dans notre hotel de Gangtok. Comme toujours, c’est la partie la plus delicieuse du voyage:
- Laura, la trentaine, canadienne (anglophone). En transit en Asie après 3 ans passes a enseigner l’anglais au Nord de Tokyo.

 

- Neil, la cinquantaine, anglais (mais avec un passeport irlandais). Pendant des jours je me suis demande ce que notre anglo-irlandais avait bien pu faire dans la vallee de Kullu (pres de la frontiere avec le Pakistan) pendant plusieurs annees de voyage. La situation a commence a s’eclaircir un peu lorsqu’il nous parle de sa passion pour la musique des annees 60/70. Tout est devenu limpide lorsqu’il nous a deballe un gros spliff en plein milieu de soiree. Personnalite tres attachante, profondement cultive, il a un tact et un humour que seule la societe anglaise peut produire. Il nous aura fait des petits cours de vocabulaire anglais pour francais en mal de nuances... un delice.

 

- Kay, 23 ans, israelien. Il faut le savoir, les trois ans de service militaire israelien se concluent souvent par un voyage au long cours. Pas tout a fait degrossi de ses annees sous les drapeaux, les discussions avec lui sur Israel virent au cauchemard eveille...

 

- Judith, la trentaine, israelienne d’origine hollandaise. Judith a passé un diplome de cinematographie et un autre de psychologie ce qui nous a permis de decouvrir une nouvelle discipline: la cinema-therapie (variante de la musico-therapie). Grande negociatrice pour le prix de la location de la jeep, elle finira par arracher a Neil un “interesting how people manage to stick to a national archetype”...

 

- Guy, la trentaine, israelien d’origine australienne. Refusant de servir comme troupier pendant son service militaire, Guy a ete integre dans une cellule de renseignement a la jonction de Tsahal, du Mossad, et des RG israeliens. Il s’en tire avec une curiosite intellectuelle et une vivacite d’esprit epoustouflante. Rarement vu quelqu’un d’aussi cultive, ouvert et interessant. Tout est un sujet, chaque sujet amene une vraie discussion... Un vrai bonheur. Quittant l’armee avec le grade de capitaine, Guy s’est oriente vers les techonologies de l’environnement et il commence sa these sur les methodes de de-salinisation de l’eau.

 A quatre nations et 7 personnes nous aurons forme pendant 4 jours un petit club tres marrant. Des le petit dejeuner on revient sur une blague de Neil puis la conversation glisse sur le programme nucleaire de l’Iran, pour repasser sur l’incursion des afghans en Inde au cours du Xveme siecle, et ca se finit par une description du reverse-osmosys process (desalinisation de l’eau de montagne)... On se croirait dans un voyage organise par Clio!!!
Pour le reste ... que vous dire? Que la jeep est tombee en panne 5 fois? Que les paysages etaient merveilleusement similaires a ceux du Nepal? Qu’on avait paye l’integralite de notre trip-a-avarie-de-jeep en avance et qu’on s’est grate pour en recupere la moindre roupie?
Bref, le Sikkim, super experience mais un peu loin du pretendu Royaume Cache de l’Himalaya.


Darjeeling
C’est assez etonnant d’avoir vu ce nom inscrit sur des millions de paquets de the sans pouvoir le pointer sur une carte...
Triple joie: on peut vous situer Darjeeling sur une carte du monde, le site de Darjeeling etait superbe, et on avait une chambre de malaaaade.
Mais commencons dans l’ordre. Pour partir du Sikkim et redescendre sur Darjeeling nous prenons une jeep pour locaux. L’idee c’est de rentabiliser au maximum la location de la jeep, et, comme pour le Sikkim, on se retrouvera dans la peau d’une sardine bretonne : 19 personnes dans la jeep. Aux incredules, nous dirons qu’il y avait 8 enfants dans le lot. Guy et Judith nous ont dit qu’ils etaient monte dans une jeep a 22 (dont 2 suspendus sur la roue de secours a l’arriere)... Vive l’Inde.
Arrives a Darjeeling c’est la divine surprise : la ville est perchee a 2300m sur l’un des contre-forts de l’Himalaya. La ville est tellement pentue que les voitures sont obligees de rester en bas : c’est la premiere fois que nous vivrons sans bruits de klaxon depuis 1 mois et demi !!!
Sur les conseils de Rabi et Vivi nous posons nos sacs a l’hotel Bellevue (en francais dans le texte) tenu par Lawang Pulger, un refugie tibetain d’environ 80ans avec une bouille pas possible. En passant dans le hall, nous voyons de vieilles photos du Tibet : tout notre voyage mais 50 ans avant. Et la notre hote, ravi de voir notre interet pour le Tibet commence a nous raconter sa vie. Son grand pere maternel etait tres proche du XIII eme Dalai Lama qui l’a depeche dans plusieurs missions diplomatiques. Pendant longtemps Lawang a guide des expeditions commerciales entre Lhassa et Darjeeling. Lawang est entre au service du XIVeme Dalai Lama apres qu’il se soit enfui du Tibet ; il restera 10 ans a son service.

 

En bas a gauche, le grand pere maternel de Lawang a la signature du traite entre le Tibet, le Sikkim et le Royaume-Uni en 1904.
 

Lawang sur le toit de sa maison a Lhassa (dans le fond le palais du Potala).

Festival devant le temple du Jokhang dans les annees 1940.

Au service de His Holiness himself
(Lawang a la gauche du XIVeme Dalai Lama).

Apres cette petite revue tibetaine nous decouvrons notre chambre. Certains d'entre vous nous comprendront: apres 3 mois passes a dormir dans des hotels de routards, le simple fait de casser sa tirelire (meme pas tant que ca) pour se retrouver dans une chambre avec des meubles qui decorent (et non pas un formica utilitaire!), c'est DU GROS BONHEUR.


 

On se croyait presque revenu sur notre butte.

L'apres midi nous visitons le musee de Darjeeling dedie aux expeditions de haute montagne (specialement celles sur l'Everest).  Le musee ressemble un peu a un inventaire: gants et lunettes de soleil de Sir Edmund Hillary et de Tenzig Norgay  (premiers vainqueurs de l'Everest), slipette de Messner (premier ascension en solitaire, premiere ascension sans bouteille d'oxigene ... la clawasse internationale) ... On aura beau chercher, on a rien trouve sur Herzog et Lachenal, les premiers hommes a marcher a plus de 8000m d'altitude (moi j'dis: perfidie anglaise!).
Comme deux vrais gamins nous passons le reste de l'apres midi au zoo de Darjeeling. France Amelie sera ravie d'apprendre qu'ON A VU LES LEOPARDS DES NEIGES. Comme en Namibie on a assiste a leur diner ... la bonne grosse paluche de gros matou s'abattant sur le gros morceau de bidoche c'est toujours un grand moment.
Le lendemain matin, incrustes dans notre oreille nous ratons le lever de soleil. Qu'a cela ne tienne, nous nous faisons servir le petit dejeuner sur le  toit de l'hotel. Vue a 360 degres,  petit soleil qui va bien, on se souviendra longtemps du petit dejeuner  du 9 octobre 2006; on s'est meme promis de  feter la date en  2007. Cela va sans dire qu'on a bien pense a ceux qui se reveillaient pour aller au turbin...

 

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
26/01/2007 : Carnets de voyage sur le Cambodge et sur la Thailande... A venir
16/12/2006 : Vietnam, pays de l’Uncle Ho…
21/11/2006 : Laos, bienvenue chez les calmes
19/11/2006 : Bangkok, deux routards sur le Macadam
07/11/2006 : Shangrilesque Birmanie
05/11/2006 : Des nouvelles de la newsletter sur la Birmanie
28/09/2006 : Les Enfants de Daya Dan
22/09/2006 : Les rats de Calcutta en maillots de bains
11/09/2006 : Calcutta....une semaine plus tard
02/09/2006 : La Cite de la Joie
28/08/2006 : Trekking dans les Annapurnas …. Bilan
05/08/2006 : Friendship Highway Lhassa – Kathmandu
01/08/2006 : Lac Namtso , le lac celeste
29/07/2006 : Un 4800m pour le petit dejeuner
28/07/2006 : Tibet… suite.. du monastere.. du monastere.. du monastere !


Autres liens :

Tags
Sikkim et Darjeeling - Darjeeling - Inde -